Salut les Rêveurs !

C’est avec joie que je vous présente un extrait de la quatrième histoire des Chroniques de Pangréa : Les Lames du Soleil.  Après les terribles révélations du Murmure des Abysses, l’exploration cauchemardesque de L’expédition maudite,  le sombre destin de la tribu Svens dans Le rêveur brisé, suivez les exploits des Chevaliers du Temple Solaire face à la terrible propagation des Ténèbres.

Le fait d’avoir déjà terminé trois nouvelles et d’avoir posé une partie du background me permet maintenant de m’attarder plus en profondeur sur les relations et les motivations  des personnages pris au cœur de cette conspiration mythologique. Qui dit présentation d’une nouvelle faction, dit introduction d’une nouvelle divinité au panthéon et un nouvel ennemi. Cet épisode marque le grand retour d’un de mes personnages préférés, qui apparait dans Le Murmure des Abysses.

Je vous laisse plusieurs extraits du premier chapitre, j’espère qu’ils vous plairont. 🙂

 

Chapitre un : La commanderie

 Dans l’aurore flamboyante, cinq silhouettes aux reflets de saphir, galopaient à bride abattue, étendard pointé vers l’azur. Trainées de poussière tourbillonnante dans leurs sillages, la septième escouade des Templiers, guidée par le vénérable Solomon, dit Le Juste, faisait route vers la commanderie. De retour de leur mission d’escorte, ils avaient conduit un détachement d’explorateurs jusqu’à la ville de Liothard, au cœur des Terres Sauvages. Un désaccord avait forcé les chevaliers du Temple à rebrousser chemin, et après plusieurs jours de voyage, lassés par des heures ininterrompues de chevauchée, les braves Templiers touchaient bientôt au but. La commanderie d’Aubéclats, l’une des cinq commanderies disséminées à travers le continent, se trouvait à une demi-journée de leur position, au nord-ouest du Rempart d’Aurore. La troupe profita d’un cours d’eau abrité dans un charmant sous-bois, pour faire une ultime halte avant la dernière étape du périple, surtout pour les chevaux qui commençaient à tirer la langue. Ils en profitèrent pour se dégourdir un peu les jambes, se libérer la tête des casques d’acier et des camails qui tapaient sur la nuque. Certains dessanglèrent les spallières, pour parvenir à se dégager le cou du gorgerin couvrant la broigne annelée. Pour d’autres, c’étaient les bottes en cuir renforcées de métal qui devenaient douloureuses, ils finissaient les pieds dans l’eau, une joie certaine sur le visage. Des pièces d’armures émaillées du bleu saphir si caractéristique de leur ordre, jonchaient l’herbe près des soldats détendus. Le commandant Solomon en profita pour s’entretenir avec sa Seconde, Uracca Walkyr, qui prenait plus soin de sa monture que d’elle-même. Arrivée à sa majorité dans les rangs de l’ordre, elle devint en quinze années de service, une sœur de bataille respectée par ses paires. Son mentor, Le Juste, ne l’avait pas quitté depuis son intégration, en fit sa fille spirituelle. Il s’avança, pouces dans la ceinture, longs cheveux noirs tombant sur les épaules, le visage buriné par l’expérience durement acquise, les yeux sages d’un millier de conseils.

[…]

Par coutume, Le Juste convia ses chevaliers à boire une choppe avant de vaquer à leurs occupations. La troupe déambula dans les rues jusqu’à destination. Plus qu’un simple quartier général, les commanderies templières étaient de véritables petites cités autonomes. Derrière le rempart en demi-cercle, enclavée à flan de falaise, se trouvait la tour d’Aubéclats, une construction massive et séculaire, aux pierres grises comme les parois dont elle émergeait. Deux grande bannières bleu saphir aux armoiries d’or, l’habillaient du toit jusqu’à mi-hauteur. A ses pieds, côté est, s’étalaient des grands champs céréaliers et des vergers. Côté ouest, une petite ville aux allées pavées s’éclairait doucement, au fil des centaines de torches, tandis que la nuit tombait. La commanderie d’Aubéclats abritait au total trois cents membres de l’ordre, deux mille civils, et une milice armée de cinq cents soldats pour défendre ses murs. Ils disposaient de suffisamment de ressources militaires, financières, et alimentaires pour endurer un siège de plus d’un an. Il en allait de même pour les quatre autres commanderies des Terres Sauvages.

La septième escouade fit halte à l’auberge du Bras Ballant, c’était la plus proche de la tour, et le chemin pour rentrer était bien éclairé. Ils partagèrent à cinq, un tonnelet de cervoise, un autre de vin, beaucoup trop aigre, et deux pourceaux à la broche fourrés aux pommes. Après avoir entamé le troisième baril, de l’hydromel fermenté, Brutus se retrouva debout sur la table à narrer ses exploits devant toute l’assistance. Un pied de table céda sous le colosse en armure, et il s’effondra la tête la première dans le tonnelet, le bras ballant. Le voyant chuter, Uracca se dit qu’il était temps pour elle de rentrer. Elle salua ses camarades, et s’en alla. Le sol lui parut étrangement mou, ou peut-être étaient-ce ces jambes, elle ne faisait plus vraiment la différence. Son armure devint terriblement pesante, la faisait tanguer un peu plus à chaque pas. « Mais qu’elle est loin cette porte, pas sûr que j’y arrive, encore moins jusqu’à ma chambre. » Se disait-elle. Sans savoir comment, elle sorti de l’auberge, rendant une partie de son repas quelques mètres plus loin. Une petite voix, juste derrière, la fit sursauter.

[…]

Et le pèlerinage continua dans les ruelles. La route leur parut une éternité, tant pour l’une que pour l’autre, mais c’était le genre de caprice qu’une écuyère se devait de satisfaire. Après un arrêt à l’improviste pour faire descendre les deux tonnelets qui lui comprimaient la vessie, Uracca et Dorianne arrivèrent devant un modeste bâtiment de pierre et de bois. Deux braseros en fer éclairaient une entrée en amande, avec pour unique fioriture, une gravure sur le fronton indiquant Domum Deorum, la Maison des Dieux. Elles embrassèrent chacune leur médaillon et passèrent la porte grinçante.  A l’intérieur, deux rangées de bancs qui ne dataient pas d’hier, encadraient une mince allée nappée d’un tapis rouge, usé par des milliers de bottes, menant à un autel. Une femme priait en silence au troisième banc de l’allée droite, la tête capuchonnée, le dos terriblement vouté et bossu. Templière et écuyère s’avancèrent, dame Walkyr semblait avoir reprit un peu de ses esprits, probablement inspirée par ce lieu sacré. L’autel, placé d’un renfoncement circulaire, se divisait en trois alcôves. Chacune présentant une petite statuette précieusement ornée.

[…]

Elle récupéra son casque aux oreillons argentés, ainsi que son baudrier avec l’épée. Une voix charmeuse se répercuta soudainement dans le modeste sanctuaire.

– Il manque pas mal de Dieux dans votre église. Il manque même l’essentiel.

– Qui va là ?  Lança Walkyr avec autorité, le poing fermé sur le pommeau, prête à tirer sa lame.

– Allons brave dame, vous oseriez brandir le fer ici ? C’est un lieu sacré, au cas ou votre cuite vous aurait rendu amnésique.

Le son résonnait de partout, charmeur, aguicheur. La Templière scrutait les sombres recoins que la lueur des torches n’atteignait pas. Reculant d’un pas, elle poussa Doriane dans son dos. Cette voix lui était familière, mais l’alcool et l’adrénaline obstruaient ses pensées. Un détail la heurta tout de même, la femme bossue n’était plus là. Elle chuchota à Doriane qui s’efforçait de rester calme.

– Suis moi, doucement.

Un puissant souffle s’engouffra dans l’allée et les portes claquèrent si violemment que le bois se fendit. Toutes les sources de flamme s’étouffèrent subitement, l’obscurité totale envahit la vieille église. L’écuyère s’accrocha à Uracca, une main sur la bouche pour retenir un cri de peur. L’écho sensuel recommença.

– Les Ténèbres approchent Templière, bientôt elles couvriront le monde. Mais le Prophète t’appelle, tu dois lui répondre. Souviens-toi, le jour réclame la nuit, la nuit réclame le jour.

Un second courant d’air, bien plus violent que le premier, écarta tous les bancs de l’allée. Les portes s’ouvrirent dans un fracas brutal, dégondant les vieux pans des charnières rouillées. Walkyr se précipita à l’extérieur, tira son épée sitôt le petit porche franchi. Hormis une pleine lune éclatante, et un homme ivre assit contre un mur, la rue était vide, paisible. Des gros lépidoptères nocturnes bourdonnaient autour des flambeaux, parfois fauchés par une pipistrelle affamée. Le poivrot sous son chapeau de paille avait visiblement décroché du monde réel, le bruit ne l’avait même pas fait sourcilier. Une grande plume noire aux reflets pourpre chutait passivement, et vint se poser dans le gantelet d’Uracca. Elle rengaina sa lame et afficha un sourire plein d’ironie en admirant la belle plume, beaucoup trop grande pour appartenir à un banal oiseau … .

 

Voila c’est tout pour les extraits, je repars dans ma grotte pour poursuivre les aventures des Lames du Soleil (déjà 20 pages et 3 chapitres), je vous dis à bientôt, et d’ici là, bonne lecture. 😉

 

Anciens extraits :

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Chaos créatif sans limites auteur des Chroniques de Pangréa. Passionné de l'imaginaire sous toutes ses formes, vétéran du joystick et nerd à temps pleins, j'ai choisi l'écriture comme moyen d'expression.

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