Illustration « Necromancer » par Bogdan Marica

 

La douceur de la lune reflétait un éclat mystique sur les courbes gracieuses de ses jambes diaphanes ; et sa sublime chevelure ondulait en une danse lascive avec les ombres.

Les Veilleuses de Nyx – Chapitre un

 

Salut les Rêveurs !

C’est avec fierté que je vous présente une petite sélection d’extraits tirés du premier chapitre des Veilleuses de Nyx. Pour faire un petit point sur la situation, les Veilleuses sont deux personnages, mère et fille, qui apparaissent à la fin des Lames du Soleil, et elles sont citées à la toute fin du Murmure des Abysses. Eh bien aujourd’hui et après en avoir souvent parlé, voici un petit aperçu de Sélène (la maman), j’espère que l’ambiance vous séduira, bonne lecture 😉

 

Dans la fraicheur de la nuit naissante, les Veilleuses de Nyx, escortées par les Templiers Uracca Walkyr et Cyrus Katarn, avançaient à la lueur des torches dans les bois. La troupe n’avait pas fait halte une seule fois du lever au coucher du soleil. Les femmes en noires voulaient récupérer certaines affaires avant de poursuivre la route vers Liothard, à la rencontre du fameux Aldrich. Le petit groupe se faufilait entre les troncs et les buissons piquants, la densité de végétation transformait la forêt en véritable labyrinthe.  Maloukha tenait son pendentif dans les mains, irradiant les alentours d’un doux éclat bleuté. Les ombres se mouvaient étrangement prés de la fille au phylactère. Le chemin se dégageait à son approche, les branches craquaient, se contorsionnaient, pour finalement se refermer juste après leur passage. La brise du soir trainait dans son sillage des râles sibilants et des murmures incompréhensibles d’un autre temps. Les deux Templiers s’efforçaient de ne pas y prêter attention, ils suivaient de prés les Veilleuses. Le ton froid et mortuaire de Sélène s’accordait parfaitement avec la lugubre forêt.

– Quoi que vous verrez ou entendrez, surtout, restez calme. Ils ne vous feront rien.

– Qui ça « ils » ? Demanda Walkyr inquiète, la gantelet sur la garde.

– Les Morts. S’amusa Maloukha en fredonnant.

Ils débouchèrent dans une petite trouée encaissée prés d’une butte, un grand arbre sec et tordu au milieu, avec un banc en pierre à côté. Il y régnait un froid anormal et pénétrant, Uracca le sentit remonter le long de son échine comme un effroyable frisson. Cyrus se cramponnait à la hampe de sa hallebarde, sa grosse mâchoire crispée. Une aura funèbre de solitude et de tristesse courrait dans toute la clairière, écrasée par un silence sépulcral.

Les Veilleuses avaient aménagé un repaire creusé dans la butte herbeuse, fermé par un simple battant en bois. Les racines des arbres au-dessus formaient une voute naturelle de deux mètres trente, suffisamment dense pour que l’eau ne s’y infiltre pas. Sous le dôme de bois enchevêtré, des babioles, des fétiches d’os, d’écorces, et des plantes séchées pendaient du plafond. En entrant, Sélène claqua des doigts avec ses phalanges squelettiques ; un brasero sans combustible au centre de la pièce s’illumina de flammes bleues intenses.  Désordre et poussière jonchaient les étagères grossièrement disposées un peu partout. De chaque côté, un vieux lit caché par un paravent de fortune en peau leurs servaient à chacune de chambre. Il faisait encore plus froid à l’intérieur, un flot glacial et omniprésent qui n’affectait que la chair et le sang. Les bibelots suspendus bougèrent, s’écartèrent subitement. Une chose imperceptible avança vers la Nécromancienne, sa capuche commença à glisser en arrière, sa manche droite à se relever, découvrant un bras décharné. Elle tira rapidement sur son vêtement pour le remettre en place, et contre toute attente, laissa échapper un petit rire fugace. Elle chuchota :  « Attends un peu, je ne suis pas seule » [ … ]

[ Plus tard dans la nuit, un vacarme venant de la hutte où dormait Sélène réveilla les deux Templiers. Craignant le pire et malgré les interdictions de la Nécromancienne, Cyrus et Uracca décidèrent d’entrer … ]

Walkyr s’énerva sur la porte qui ne voulait pas céder, des vieilles planches de bois grossièrement clouées résistants anormalement aux élans féroces de la Templière. Cyrus essaya à son tour. Au quatrième coup d’épaule, le battant explosa en morceaux sous les cent quarante-six kilos du colosse en armure complète. Une bourrasque glaciale s’échappa de la pièce, si forte et si froide que le Templier recula sur le pas de la porte. Ce qui s’imposa à leurs vues les marqua à jamais, un traumatisme indélébile et surnaturel se grava dans leurs esprits.

Juste là, devant eux, Sélène était penchée sur une table, en tenait fermement les bords. Elle ne portait plus son grand vêtement noir, elle ne portait rien. L’affliction de sa main squelettique se propageait sur tout le bras droit jusqu’à l’épaule, dévoilant os, tendons, et quelques filaments de muscles à vifs. La marque continuait sur la clavicule nue et remontait sous de longs cheveux noirs couvrant les épaules. Les mèches soyeuses s’arrêtaient au-dessus d’une poitrine d’albâtre serpenté de veine. Ses yeux semblables à deux flammes bleues révélaient une beauté pâle sans pareille, teintée d’une horreur innommable. Un visage fin, aux traits délicats, partiellement rongé, décharné. Sa joue droite manquante laissait entrevoir l’intérieur de la bouche et une partie de l’os maxillaire inférieur. Les jambes écartées, les reins cambrés, elle gémissait sauvagement sous les assauts de l’aberration en train de la saillir. Cette chose, drapée dans les habits de la Veilleuse, ne provenait pas de ce monde. Sa silhouette spectrale vibrait intensément, l’angoisse et l’effroi l’animait. Sous la capuche, des myriades de crânes terrifiants s’agitaient, se succédaient sans cesse, tel le nombre incalculable de morts depuis l’aube des temps. Dans la pièce, autour de l’accouplement contre-nature, les objets lévitaient, tournoyaient dans une déferlante d’énergie bleutée. Les Templiers restèrent tétanisés, la peur les étreignait physiquement, le thorax comprimé par la terreur. Le spectre aux milles âmes les dévisagea, un trait d’horreur les perfora. En l’espace d’une seconde toute leur vie défila brutalement, ils entraperçurent le futur, l’instant leur propre mort. Et cette apparition se tenait prés d’eux. Le brutal retour à la réalité les força à détourner le regard, titubant à reculons sous le choc. Des centaines de râles funestes s’élevèrent jusqu’à s’unir en une dissonance assourdissante, les repoussant violemment vers la sortie. Puis les fragments de la porte se réassemblèrent, se reformèrent, laissant Sélène à ses ébats funestes …

D’autres extraits macabres à venir bientôt, c’est promis …

N’hésitez pas à donner votre ressenti si vous avez aimé, ou pas 🙂

 

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Chaos créatif sans limites auteur des Chroniques de Pangréa. Passionné de l'imaginaire sous toutes ses formes, vétéran du joystick et nerd à temps pleins, j'ai choisi l'écriture comme moyen d'expression.

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