Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !

Jacques de Molay – pendant son supplice sur le bucher – 18 mars 1314 à Paris.

 

Salut les Rêveurs !

Massacrer son prochain est pour l’être humain une sorte de seconde nature. Depuis la nuit des temps nous inventons et réinventons sans cesse de nouveaux instruments de mort plus perfectionnés les uns que les autres. Le plus fascinant (ironique) dans l’histoire, c’est de s’apercevoir que l’évolution de la barbarie et de pair avec l’essor de la civilisation et c’est un phénomène toujours d’actualité, mais c’est un autre débat. La civilisation a amené dans son sillage bon nombre de concepts, dont la Justice ! Et qui dit Justice, dit sanctions et sentences. Là, question barbarie nos ancêtres se sont surpassés : pendaisons, décapitations, scaphisme, écartèlement, supplice de la scie … J’en passe et des meilleurs. Alors voyons un peu les méthodes d’exécutions les plus marquantes et douloureuses à travers l’histoire.

 

L’Antiquité

La Grèce, berceau des philosophes et des mathématiciens, mais pas que. Nous connaissons la suicide forcé de Socrate, poussé à boire un breuvage mortel de cigüe, mais nous connaissons un peu moins le Taureau d’Airain, utilisé par le tyran Phalaris. Le but est de forger un grand taureau en airain (bronze) creux à l’intérieur et d’y enfermer le condamné. Une fois dedans, un feu est allumé sous la bête, le métal est porté au rouge et la personne cuit vivante à l’intérieur.

taureau airain

Dans la Rome Antique, les condamnations pouvaient s’appliquer par le biais des jeux du cirque. En devenant gladiateur (dans le meilleur des cas) ou en étant jeté en pâture à des prédateurs affamés volontairement depuis plusieurs jours, c’est la pratique du Damnatio ad bestias, la condamnation aux bêtes. Pour joindre l’utile à l’agréable, un sort particulier était réservé aux incendiaires qui brulaient les récoltes pour provoquer des famines. Ils étaient attachés à des poteaux et revêtus d’une tunique couverte de poix, d’huile, de souffre, et autres matières inflammables, afin d’êtres transformé en torchère pour illuminer les arènes pendant les jeux nocturnes.

Pour rester sur le thème des animaux, on peut citer l’utilisation de l’éléphant pour les mises à mort. Plusieurs options pour les bourreaux le reste n’est qu’une question d’imagination, ils pouvaient se servir des pattes de l’animal pour écraser, des défenses pour empaler, de la trompe pour battre à mort, un véritable couteau suisse !

Criminal_executed_by_an_elephant,.jpg

 

Toujours dans la Rome antique, le culleus, châtiment réservé aux parricides. Le condamné se retrouvait enfermé dans un grand sac avec une vipère, un chien, un singe, et l’on jeté le tout dans la rivière … Et advienne que pourra pour la suite.

Petite précision, le terme crucifixion est réservé au châtiment de Jésus, les autres condamnés subissent un crucifiement. Dans cette position la personne meurt par asphyxie car la traction des membres supérieurs entrainent une compression du diaphragme, ce qui demande beaucoup d’effort pour respirer. Pour accélérer le processus, le bourreau pouvait briser les jambes à coup de bâton, ou percer le ventre avec une lance.

Pour finir en beauté avec l’Antiquité, le Scaphisme. Une pratique qui vient des Perses et qui se retrouvera plus tard au Moyen-Age sous le nom de supplice du tonneau ou du baquet. Le condamné se retrouvait enfermé dans un carcan de bois (ou un tonneau) à l’exception de la tête. Le prisonnier était correctement nourri et son visage enduit de miel et de sucre (voir de vin). Forcément le mélange attirait les insectes, et pendant ce temps-là le malheureux remplissait son tonneau d’excréments. Petit à petit la corps de la victime pourrit dans ses propres immondices pendant que les asticots la dévore, encore vivante. Temps estimé avant la mort : 15 jours. Et bon appétit bien sûr !

 

Le Moyen-Âge

Je ne sais vraiment pas par où commencer pour aborder le Moyen-Âge tant les méthodes d’exécutions étaient variées et imaginatives ! A croire qu’ils en avaient fait une véritable discipline. Voyons rapidement les classiques.

Pour les voleurs, direction la potence avec la corde au cou, et si la nuque ne se brisait pas tant mieux, plus la mort était longue, mieux la populace retenait la leçon. Sur le même concept, les faux-monnayeurs pouvaient être bouillis vivants en place publique, dans un chaudron remplis d’eau, d’huile, ou de poix, supplice également applicable aux couples incestueux. Il y avait le fameux bucher, lieu de rendez-vous favoris des sorcières et hérétiques, qui pouvait se faire de différentes manières. Soit en attachant la personne sur le dit bûcher et en la brulant simplement, où en attachant le condamné en haut d’une échelle pour le faire rôtir au dessus du bûcher. Le supplice de la roue, emblématique du Moyen-Âge et déclinable à volonté, la populace pouvait même participer et taper le malheureux à coups de bâton histoire de casser un os ou deux. Les condamnés qui agonisaient trop longtemps sur la roue voyaient leur calvaire abrégé à coup de masse dans la tête. Pour finir avec les basiques, on peut inclure la cage à torture. Ce sont ces fameuses cages en fer suspendues à outrance en haut des remparts pour dissuader les criminels de s’approcher. Le condamné était placé à l’intérieur, en hauteur et à la vue de tous. S’il ne mourrait pas d’inanition alors il finissait dévoré par les oiseaux. Petite précision, la décapitation était réservé aux nobles, et les femmes condamnées à la potence finissaient la plupart du temps enterrées vivantes, l’exposition de leurs cadavres à la vue de tous étant jugée trop indécente.

Bien que très classique, je voulais tout de même faire un petit point sur l’écartèlement, surtout la version archaïque qui utilisait les chevaux, et qui devait visuellement être effroyable. Peine souvent réservée aux régicides. L’image qui suit parle d’elle même.

ecartelement

 

Passons au niveau supérieur avec l’écorchement. Technique qui consiste à tuer un condamné en lui retirant la peau jusqu’à l’enveloppe musculaire. Le bourreau pouvait pratiquer une incision au niveau des pieds, des poignets ou du sommet du crâne puis il tirait sur la peau pour l’arracher par bande entière. La personne meurt généralement de souffrance, un arrêt cardiaque rapide pour les plus chanceux.

La manivelle intestinale, un nom qui à lui seul présage des heures de rigolade en vue. La victime était placée sur une table, le bourreau pratiquait une incision à l’abdomen et fixait un crochet à l’intestin du malheureux. Le crochet étant lui même relié à une manivelle que le bourreau se faisait une joie d’actionner à sa guise pour arracher lentement tripes du condamnés.

manivelle intestinale

 

La torture par l’eau, peine qui s’appliquait à différents niveaux, parfois pour punir seulement. Mais au niveau le plus élevé, donc mortel, si le condamné refusait de boire, il se faisait déchiqueter la bouche à la pince ou au marteau. Dans tout les cas l’urètre était noué et l’anus bouché. Les plus chanceux mourraient noyés, pour les autres … C’est comme quand vous fixez un ballon a un robinet ouvert, vient un moment où il éclate.

La Vierge de Fer (Iron Maiden), ce sarcophage hérissé de pieux, tellement symbolique que je me devais au moins de mettre une photo. La légende voudrait qu’Élisabeth Bathory (la Comtesse Sanglante) ait utilisé une Vierge de Fer pour saigner ses servantes et se baigner dans leur sang, secret de la vie éternelle.

iron-maiden-torture-device.jpg

 

Le supplice du Pal, ou l’empalement, popularisé par le très célèbre prince de Valachie, Vlad III Basarad, aussi surnommé Vlad l’Empaleur ou plus simplement Drăculea (le fils du Dragon). La technique consiste à enfoncer un long pieux en bois dans le fondement de la victime, jusqu’à 60 centimètres environ, puis de redresser le pieux pour laisser le condamné s’empaler lui même au grès des convulsions.

empalement

 

La séries Game of Thrones, si vous l’avez vu, vous donne une idée du supplice du rat et du métal en fusion sur le visage, je vous laisse découvrir par vous même, ça vaut le coup d’œil ! (Surtout le rat). J’aimerais m’attarder sur un supplice anglais dont William Wallace fut victime.

 

Hanged, drawn and quartered !

Si jamais vous étiez coupable de haute trahison envers la couronne, comme ce fougueux d’écossais qu’était William Wallace, vous auriez subit ce supplice. La scène finale de Braveheart nous montre un Mel Gibson légèrement torturé qui finit décapité après avoir hurlé « FREEDOOOOoooooOOOOoooMm ». Eh bien tout cela est un peu trop soft en vérité. Le pauvre Wallace s’est retrouvé attaché derrière un cheval et trainé sur le lieu de son exécution. Après cette humiliation, il fut pendu sans que mort s’en suive, pour être complétement étourdi, puis émasculé et éviscéré de sorte qu’il reste conscient le plus longtemps possible et voit ses bijoux de famille jetés au feu. Le cœur est retiré en dernier (oui là il est mort). Pour que la peine soit hautement symbolique, le cadavre est équarri (découpé à la hache) et les morceaux exposés dans diverses villes pour servir d’exemple. Quand ce supplice s’appliquait aux femmes, les seins étaient coupés ou arrachés à la pince, et à la place de l’équarrissage le corps était brûlé et les cendres dispersées. Voila pour le fameux Hanged, drawn and quartered (trainé, pendu et équarri).

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Dans le summum de l’horreur, il y a le supplice de la scie. Le condamné se retrouvait attaché tête en bas et jambes écartées. A l’aide d’une grande scie de bucheron, les bourreaux commençaient à scier la victime très lentement en commençant par l’entre-jambe. La position n’était pas anodine, avec  la tête en bas le cerveau restait alimenté en sang et la victime restait consciente plus longtemps.

supplice scie.png

 

Il faut savoir que sous l’Ancien Régime (fin 16e jusqu’à fin 18e siècle), au milieu de toutes ces souffrances et de ces supplices, il existait une sorte de régime de faveur que seul le juge était apte à prononcer, c’était la mesure du Retentum. C’était un « geste d’humanité », lorsque le juge estimait que la sentence était trop douloureuse ou que le criminel avait expié ses fautes, il ordonnait par missive secrète que le châtiment soit épargné à la personne de son vivant. Le bourreau tuait alors discrètement la victime le jour de l’exécution souvent par strangulation avec un garrot placé la veille autour du cou, ou avec un coup de dague dans le cœur, avant de faire subir le supplice prévu à son cadavre.

Sortons un peu de l’Europe médiévale pour s’intéresser à l’Empire Mongol qui avait une technique d’exécution assez particulière pour les membres de la famille royale, le Tapis. Les descendants des lignées de Genghis Khan étaient considérés comme intouchables par des êtres humains. Pas facile du coup pour les exécuter, ils subissaient alors le Tapis, considéré comme un honneur. Le condamné était allongé au sol, recouvert d’un tapis, et une troupe de chevaux lui passait dessus au galop.

Et enfin pour finir, voici une méthode jugée parfois de légendaire, mais vue les pratiques citées ci-dessus je ne vois vraiment pas pourquoi elle n’aurait pas existé, c’est l’Aigle de Sang. Le condamné était allongé sur le ventre, le bourreaux lui ouvrait le dos et décollait les cotes de la colonne vertébrale pour les déployer comme des ailes, ce qui en plus faisait sortir les poumons de la cage thoracique.

Avant de se quitter, j’aimerai citer un dernier instrument dont le nom me plait beaucoup. Le Moyen-Âge n’était pas tendre avec les femmes, et en plus des humiliations récurrentes, la majeure partie des supplices consistait à mutiler la poitrine et l’entre-jambe des femmes. Eh bien sachez que ces messieurs n’étaient pas à l’abri de telles mutilations, un petit outil  fort bien nommé était spécialement conçu pour l’ablation des bourses : L’égosseuse. Sorte de coupe-cigare avec une lame dans lequel on enfilait les testicules. Et couic !

Voilà l’article touche à sa fin, je n’ai cité qu’une fraction des méthodes d’exécutions possibles et imaginables à travers l’histoire, il y aura encore deux articles de la sorte à venir, un sur les méthodes d’exécutions modernes à partir du 19e siècle, et un spécial entièrement consacré aux supplices de l’Inquisition. J’espère en tout cas qu’il vous a plu, je vous retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles réjouissances, à bientôt et d’ici là, bonne lecture. 😉

 

 

 

 

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Chaos créatif sans limites auteur des Chroniques de Pangréa. Passionné de l'imaginaire sous toutes ses formes, vétéran du joystick et nerd à temps pleins, j'ai choisi l'écriture comme moyen d'expression.

7 Comment on “Justice, Supplices et Mises à Mort

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